TOGO 2020 : BODJONA, BOKO, YAMGNANE, c’est le troisième gaou qui est niata ?

Si le groupe ivoirien Magic System devait composer une chanson sur la situation politique togolaise, nul doute qu’il commencerait comme ceci :

« Et on dit les deux premiers gaous sont pas gaous oh »
« C’est troisième gaou qui est niata oh »

La fin du chapitre électoral le 20 décembre 2018 et la réalisation, par les membres de la C14, que cet incident a sonné le glas de leur coalition, marque aussi le début des positionnements pour la présidentielle de 2020.

Dans la foulée, le secrétaire du parti au pouvoir annonce qu’à part Faure Gnassingbé, ils n’ont aucun courageux pour être candidat ; un ancien député de l’ANC déclare que JP Fabre est le « candidat naturel » de son parti. Rien de nouveau sous le soleil, déclarent nombre de Togolais ; on a déjà vu cela en 2015 et on sait comment ça se termine.

Fabre et Faure sont donc les deux premiers gaous.

Mais c’est l’affaire du « troisième gaou », ce candidat silencieux pour le moment, mais capable de changer la donne, qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, avec des débats passionnés, des batailles rangées, par médias sociaux interposés.

Koffi Yamgnane, Pascal Bodjona, Akila-Esso Boko ou un illustre inconnu ? Chacun a bien sûr ses mérites, mais aucun d’entre eux ne serait un candidat providentiel.

Ce qu’il faut toutefois noter, c’est qu’en l’absence de réformes ou avec des réformes de type « self-service » du RPT/UNIR, la cour constitutionnelle du régime peut écarter ces trois-là et laisser s’affronter les deux premiers gaous.

À l’heure actuelle, le véritable débat, passionné ou pas, doit donc se focaliser sur le rôle que chacun de ces trois messieurs peut jouer dans l’aboutissement des revendications pour les réformes, plutôt que sur leurs éventuelles ambitions présidentielles. Pourquoi?

Parce que que sans réformes, aucun d’eux ne pourra concrétiser ses ambitions.
À défaut des réformes, il n’y aura même pas de troisième gaou en 2020 ; et tous les débats actuels n’auront servi à rien du tout.

Aminou Ben Yaya

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